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Jules Perrigot, inventeur du code de la route…

Vous vous demandez certainement pourquoi nous consacrons une News à Jules Perrigot, l’inventeur du Code de la route ?
La raison en est très simple : notre illustre personnage dirigea les Papeteries d’Arches de 1888 à 1936.

Jules Perrigot, un homme qui a marqué son époque
Jules Perrigot est né le 3 novembre 1861 à Vimoutiers, en Normandie.
Suite aux décès de ses parents et de sa sœur aînée, il décide de quitter ses terres natales et de rejoindre Paris où il retrouve de nombreux amis et où il fait la connaissance de sa future épouse. Claire est la fille de Léon Masure, directeur et propriétaire des Papeteries d’Arches, mort en 1897 dans un incendie. Le mariage est célébré le 11 février 1888 à Arches, et la papeterie constitue la dot de Claire.

Jules Perrigot se retrouve à la tête de l’entreprise à 26 ans, à un moment où l’entreprise connaît des difficultés suite à la perte du lucratif marché du timbre-poste. Le nouveau dirigeant réagit en se consacrant, dès 1900, à la production de papier-monnaie pour des pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique. Il redresse alors la société en la faisant entrer dans une ère moderne : il met au point sa première machine-cuve et développe la forme ronde qui simplifie le travail.

Jules Perrigot a de multiples occupations annexes à la direction de la papeterie d’Arches. Installé à Arches, il en devient le maire de 1904 à 1919 et, en 1910, fort de sa bonne gestion, il est nommé administrateur des eaux de Vittel. Chevalier de la Légion d’honneur, licencié en droit, diplômé des Arts et Manufactures et ingénieur des brevets d’inventions, il se retrouve aussi président des chemins de fer de la région Est. Il obtient également son brevet de pilote d’avion, investit dans les courses hippiques et se passionne pour l’automobile. Il dépanne d’ailleurs lui-même sa De Dion-Bouton.

« Jules Perrigot, homme d’ouverture et de disponibilité, curieux de tout en tout domaine, avec le besoin inné de comprendre suivi aussitôt de l’impératif besoin d’agir. Jules, homme aux solides et fidèles amitiés, au caractère entier le plus souvent, autoritaire certainement. C’est un chef. Jules, l’homme aux défauts de ses belles et grandes qualités. » Gisèle Gaudemer.

En 1956, c’est son fils Etienne, qui lui succède à la papeterie d’Arches, qui va réunir 4 grandes papeteries de France : Arches (Vosges), Johannot (Annonay), Marais (Région parisienne) et Rives (des environs de Grenoble), donnant naissance à la Société ARJOMARI.

Jules Perrigot, décède le 16 mai 1942, à Vevey en Suisse. Son corps repose aux côtés de celui de son épouse au cimetière d’Arches.

Jules Perrigot, inventeur du Code de la route
Au début du XXe siècle, la construction automobile se développe sans règlement alors que le nombre de véhicules augmente. Si les voitures ne roulent qu’à 30 km/h, elles n’en sont pas moins dangereuses pour autant. Le 24 mai 1903, une course routière Paris-Madrid cause huit décès. En 1904, il y a un blessé par an pour 7 automobiles.

Selon Gisèle Gaudemer, qui a réalisé une exposition sur lui, c’est un événement personnel qui va pousser Jules Perrigot à établir un règlement de bonne conduite en 1905 alors qu’il est Président de l’Automobile club des Vosges :
« Perrigot est un inconditionnel de l’automobile. En 1904, dans un tournant en haut d’une côte, il se trouve nez à nez avec une autre voiture. C’est l’accident. L’événement le frappe et lui pose le problème de l’avenir. La construction automobile va se développer, le nombre de véhicules augmenter, leur performance croître. Que fera-t-on alors dans un tournant, au haut d’une côte ou non ? »

Son règlement, qui comprend 10 articles, est adopté par l’ensemble des fédérations et clubs automobiles de France qui le font appliquer aux 25 000 automobiles et 31 000 motocycles alors en circulation.

Ce règlement contient pour l’essentiel des règles déontologiques, car bien conduire, c’est avant tout bien se conduire.

« En respectant scrupuleusement les règlements que nous nous imposons, nous nous distinguerons enfin de ceux qu’on a appelés les chauffards. »

Dans la haute société à laquelle Jules Perrigot appartient, la sanction sociale est bien plus forte que la sanction pénale. Être rayé de l’Automobile Club de France en cas d’infraction pourrait se révéler bien plus pénalisant qu’une quelconque amende.

En 1906, il fait imposer un examen dit de “Connaissances” (ancêtre du permis de conduire) à tous les chauffeurs de maîtres, puis devient ensuite commissaire des conflits routiers.
Ce n’est qu’en 1921 qu’est promulguée « la réglementation de l’usage des voies ouvertes à la circulation publique ». Le code de la route est entré dans le droit.